Barrage : mode d’emploi !

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Energies renouvelables

Quelle est la première source d’énergie renouvelable en France ?

D’aucuns diront : « Facile, ce sont les fermes éoliennes qui produisent l’énergie la moins polluante en grande quantité », d’autres opteront pour le solaire…

Mais (comme on vous l’expliquait ici), la première source d’énergie renouvelable en France provient des centrales hydroélectriques. C’est d’ailleurs la première source que l’’homme décida d’exploiter.

Mais connaissez-vous vraiment comment fonctionne une centrale hydroélectrique (un barrage) ?

Exploiter la force de l’eau

Petit retour en arrière sur les bancs de l’école. Promis, c’est très court (et vous pouvez aller quelques lignes plus bas si vraiment vous avez mal à la tête d’avance).

Pour que la puissance hydraulique se transforme en énergie électrique, il faut réunir deux facteurs, le débit (Q) et la hauteur de chute (h). Cela permet de déterminer la « différence de potentiel énergétique » que représente un plan d’eau avec la formule Q*h.

Pour obtenir la puissance en kilowatt (P), on y intègre la gravité (g) : P = Q*h*g.

Voila, on vous rassure, c’est terminé !

Ainsi, chaque réservoir d’eau peut être équipé d’une centrale hydroélectrique, dès lors que l’on est en mesure de « faire chuter » l’eau.

Fonctionnement barrage

Différents types de barrage

Il existe plusieurs formes de barrage : on peut les classer en fonction de leur hauteur de chute (Haute, Moyenne, Basse). Ainsi, les barrages à chute basse se situent le long des grands fleuves et ont des centrales dites « au fil de l’eau ». Celles-ci représentent la majorité de la puissance installée en France.

Elles sont issues de grands travaux menés après la guerre, lorsqu’il a fallu reconstruire le pays et donner à la France son indépendance énergétique. Ce sont des centrales situées principalement sur le Rhône et le Rhin. Leur fonctionnement consiste à aiguiller une partie du débit du fleuve vers une usine électrique équipée de turbines, qui transforment la force mécanique du fleuve (le courant) en énergie électrique. Le reste du débit est envoyé vers un barrage, qui permet de réguler le débit naturel du fleuve.

Il existe également des centrales dites de hautes et moyennes chutes (ou de pompage/turbinage), qui consistent à retenir l’eau tombée principalement à l’automne ou celle issue de la fonte des neiges afin de remplir un bassin de rétention.

  • En faisant descendre l’eau à travers une conduite et des turbines, de l’électricité sera produite. C’est généralement le cas lors des périodes correspondant aux pointes de consommation (où les prix sont plus élevés)
  • L’eau pourra ensuite être re-pompée pour être stockée à nouveau. C’est le cas lors des heures de faible consommation, où les prix sont les plus faibles.

L’utilité d’un barrage : la production d’énergie uniquement ?

La réponse est évidemment non, chers Ouinners. La construction de ces ouvrages (imposants pour certains) répond aussi à d’autres besoins, à prendre en compte dans leur exploitation énergétique  :

– La régulation du débit, nécessaire à la navigation sur les fleuves,

– La gestion des côtes des fleuves pour les besoins de l’agriculture,

– La gestion des côtes des lacs pour les activités touristiques,

– Les soutiens de débits permettant le refroidissement nécessaire à certaines centrales nucléaires (eh oui !).

Quel avenir pour cette technologie ancienne ?

Oui, comme dit plus haut, l’hydraulique a été la première technologie pour produire de l’électricité avec des puissances importantes. Mais est-ce aussi une technologie pour le futur ?

D’abord, c’est une technologie mature et pour laquelle nous avons un recul important. Sa durée de vie est élevée (même si de l’entretien est bien entendu nécessaire) et elle a moins d’impacts en termes de nuisances visuelles pour les riverains que beaucoup d’autres sources d’énergie.

Rappelons que, malgré la progression de la technologie pour prévoir la météo (notamment le niveau et le sens du vent, le taux d’ensoleillement…) et mieux gérer l’intégration au réseau électrique, les énergies éoliennes et solaires restent par définition intermittentes.

Ainsi, seuls les barrages (en attendant le développement des batteries) permettent de « stocker l’énergie » pour produire de l’électricité au moment où l’on en a le plus besoin.

Et demain ?

La très grande majorité du potentiel a été exploité sur les grands cours d’eau en France. Cette technologie ne passe donc plus par des grands aménagements mais plutôt par l’équipement de petits cours d’eau, affluents ou petites vallées.

Changement en cours, les concessions d’exploitation de l’Etat sont maintenant pour beaucoup ouvertes à la concurrence ou vont l’être. Un nouveau monde s’ouvre. Jusque là, les deux exploitants majeurs étaient EDF évidemment, et la CNR (filiale de Engie).

Et ailleurs ?

L’énergie hydroélectrique est très présente en France mais également en Europe, et notamment dans les pays du Nord.

C’est ainsi la première source d’énergie renouvelable en volume également hors de nos frontières, constituant le contingent le plus important des garanties d’origine (petit article à lire ici sur le sujet).

 

Chez Planète OUI, nous pensons que toutes les technologies qui émettent peu de CO2, qui optimisent les ressources naturelles sans les détruire, sont des technologies à promouvoir. L’hydroélectricité en fait partie !

2 commentaires “Barrage : mode d’emploi !

  1. Si une charge X, comme un camion durant son freinage, une palette de marchandise, une masse quelconque qui demande une force pour être soulevé ou ralentir appuis sur la masse d’eau ou d’air. L’énergie n’est pas perdu, elle devient renouvelable.

  2. Etant donné que Macron d’ici 2022 aura vendu 150 de nos principaux barrages, vous allez voir comment le prix de l’électricité va augmenter. C’est tout simplement scandaleux et personne ne dit rien.

    https://blogs.mediapart.fr/bertrand-rouzies/blog/160618/privatisation-des-barrages-francais-un-acte-de-haute-trahison

    Comme pour l’eau nous serons pris en otage par les lobbies avec des prix de consommation exhorbitants.

    https://www.youtube.com/watch?v=IZFkrXduDP4

    Alors les énergies non polluantes c’est bien gentil mais à quel prix ?

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