Routes solaires

route solaire
Energies renouvelables

– Mise en lumière par Elise

Utiliser la surface de routes, la plupart du temps sans véhicule, pour produire de l’électricité verte. C’est le principe des routes solaires. Cela semble être une bonne idée, non ?

Il est avancé que recouvrir 2,5% de la surface des routes françaises avec des cellules photovoltaïques pourrait approvisionner 10% des besoins annuels d’électricité en France. Cependant, que ce soit en termes de coûts ou d’efficacité, la réalité est bien plus compliquée… Alors, est-ce vraiment une bonne idée ?

 

La « route solaire », qu’est-ce que c’est ?

Le principe d’une route solaire est simple : il s’agit de recouvrir des routes classiques de panneaux solaires pour produire de l’électricité. L’électricité ainsi produite peut ensuite alimenter l’éclairage public, les affichages lumineux des abribus, les feux rouges, des habitations en zones peu peuplées… Voire même, dans le futur, recharger par induction (champ magnétique) des véhicules électriques.

Il s’agit d’un défi technique, puisque les panneaux solaires sont fragiles et doivent être recouverts d’un matériau protecteur. Ce matériau doit laisser passer la lumière mais également présenter une adhérence similaire à une route normale. Il doit également  supporter les charges importantes et régulières du trafic de voitures et poids lourds.

 

Une première mondiale en 2016 en Normandie

En France, l’entreprise Colas, filiale de Bouygues, a développé « Wattway ». Un système de dalles photovoltaïques recouvertes d’une résine spéciale, installé sur les routes existantes.

En 2016, avec le soutien du Ministère de l’Environnement, une portion d’un kilomètre de route solaire a été inaugurée en Normandie. Une première mondiale. Cependant, le rendement annoncé est de 15%, contre une moyenne d’environ 20% pour des panneaux solaires classiques.

 

Une technologie parfois critiquée

Bien que positionnant la France en leader mondial, ce projet soulève quelques critiques. Et, ce pour diverses raisons. En bénéficiant d’une aide de 5 millions d’euros de l’Etat français, cette technologie s’avère très coûteuse. Elle coûte, en effet, 17 € par Wc (Watt crête). C’est la puissance maximale produite par l’installation avec un ensoleillement optimal. Contre 1,3 €/Wc pour des installations sur grande toiture, soit plus que 10 fois plus. Si la route solaire était capable de produire pendant 15 ans, le coût serait de 2,2 €/kWh d’énergie, contre 0,05 €/kWh pour du solaire au sol standard en France, soit plus que 40 fois plus.

De plus, le positionnement à l’horizontal limite la production des panneaux sur route. Effectivement, en France, l’inclinaison optimale est de 30-35° avec une orientation Sud. Elle est également limitée par la couche de résine appliquée au-dessus des cellules photovoltaïques.

Enfin, la production en 2017 a été de 150 MWh, 2 fois moins que ce qui était initialement prévu…

Néanmoins, nous en sommes encore au tout début et des progrès seront bien entendu réalisés.

 

Alors, les routes solaires seraient-elles une fausse bonne idée ?

Bien que constituant une prouesse technologique, les routes solaires sont plus coûteuses qu’une installation classique (au sol ou en toiture) avec un production moindre.

Enfin, et malgré les annonces selon lesquelles « recouvrir 25% des routes assurerait l’indépendance énergétique de la France », les routes solaires ne proposent pas de solution à la nécessité d’équilibrer la production électrique à la consommation en temps réel. En effet, les routes produiront uniquement en journée, et non nécessairement quand l’électricité est consommée, ce qui pose la question du stockage.

On peut alors se demander si cette surface est réellement adaptée à l’installation de panneaux solaires, quand les installations sur les toitures des bâtiments ou sur des ombrières sont moins coûteuses et présente un grand potentiel encore peu exploité.

arrow_back

Article précédent

Article suivant

arrow_forward

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *