Prix de l’énergie : pourquoi ça flambe ?

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Marché de l'énergie

Ça ne vous aura pas échappé : les prix de l’énergie s’envolent partout dans le monde, avec pour conséquence première un impact direct sur le budget des Français, mais pas que…

Tour d’horizon des raisons de cette flambée record, et des impacts sur notre quotidien.

Concrètement, quelle est la hausse ?

En matière de prix de l’énergie, que ça soit pour l’électricité ou le gaz, on atteint des sommets.

Pour les achats d’électricité pour l’année 2022, les prix sur le marché de gros sont passés de 45 à 190 €/MWh entre fin 2020 et le 6 octobre 2021. Sur la même période, le gaz est passé de 15 à 160 €/MWh.

Même si cette semaine les prix sont retombés autour de 130 €/MWh pour l’électricité, cela reste… vertigineux !

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Evolution des prix de l’électricité sur le marché de gros français

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Evolution des prix du gaz sur le marché de gros français

 

Pour donner un précédent, en 2008, à la veille de la crise financière, le prix de l’électricité pour l’année suivante avait atteint les 93 €/MWh. Triste record que nous dépassons largement actuellement, d’autant plus que la tendance devrait durer tout l’hiver.

Et c’est globalement l’ensemble des matières premières qui s’embrasent : le charbon et le pétrole subissent aussi des hausses conséquentes, tout comme l’aluminium par exemple.

Nous sommes face à un phénomène mondial. Comme tous les pays européens, la France n’est pas épargnée. Compte tenu de l’interconnexion électrique en Europe, les prix sur le marché de gros français sont liés à ceux de nos pays voisins.

Pourquoi l’électricité s’échange sur les marchés ? Pour assurer l’équilibre du réseau électrique, où la production doit être suffisante pour couvrir la consommation à chaque instant !

Alors, pourquoi ça flambe ?

On peut résumer ça à la reprise économique post-Covid, mais c’est bien la conjonction de plusieurs facteurs qui fait grimper les prix aujourd’hui.

Prenons les choses dans l’ordre :

La crise sanitaire

La crise du Covid-19 a eu pour effet de ralentir l’économie, mais a aussi entrainé quelques bouleversements du côté de la production d’énergie.

En France par exemple, les plannings de maintenance des centrales nucléaires ont été décalés, les chantiers ont pris du retard, donc certaines centrales ne produisent pas actuellement. Ça c’est pour la France. Mais il s’agit d’un phénomène mondial. Certaines exploitations de gisements de pétrole et de gaz ont été fermées pendant cette période (moins d’activité donc moins de production), les stocks ont donc bien diminué.

L’économie repart

Après la crise sanitaire, nous voilà reparti comme en 19. Une forte reprise portée par la Chine notamment, où les industries et usines de production tournent à plein régime pour satisfaire la demande mondiale.

Et pour produire, il faut de l’énergie ! Beaucoup d’énergie. Et c’est là que ça coince, car la production d’énergie, elle, ne suit pas, pour les raisons citées plus haut. Mais pas que.

Le cas du gaz

La France importe 99% de sa consommation de gaz naturel, comme bon nombre de pays européens. Nous sommes donc particulièrement exposés aux variations des prix sur le marché mondial. Mais pourquoi le gaz augmente ?

Les niveaux de stockage de gaz en Europe sont très faibles depuis le printemps dernier, conséquence d’un hiver 2020-2021 long et froid où nous avons beaucoup consommé.

Idem en Asie, où l’hiver a été rude, ce qui a eu pour conséquence de diminuer la disponibilité mondiale. La Chine, prête à payer très cher le gaz pour faire tourner son économie, préempte les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL).

L’Europe doit donc compter uniquement sur ses principaux fournisseurs de gaz naturel que sont la Russie, la Norvège et l’Algérie. Or ceux-ci ne peuvent pas augmenter leur production et leurs exportations, faute de réserves suffisantes.

A cela s’ajoute un incendie dans une usine de Sibérie qui a affecté le gazoduc Yamal et surtout les tensions géopolitiques autour du gazoduc Nord Stream 2. Mis en service prochainement, celui-ci doit approvisionner en gaz russe l’Allemagne – et l’Europe – en passant sous la mer Baltique.

Quel est le rapport avec l’électricité ?

Comme vous le savez, on produit de l’électricité à partir de sources renouvelables (eau, vent, soleil…), d’uranium (nucléaire), mais aussi d’énergie fossile comme le charbon, le fioul ou encore le gaz.

Nous y voilà !

Pour l’électricité, les prix sont fixés sur les marchés en fonction de la dernière centrale de production « appelée ». C’est-à-dire la dernière centrale mise en route pour produire l’électricité nécessaire, répondre à la demande et assurer l’équilibre du réseau (sinon bonjour le black-out).

Généralement, les premières à entrer en fonction sont les renouvelables (car elles produisent à un instant défini par les conditions météorologiques pour la plupart, et surtout à un coût de matières premières nul). Ensuite le nucléaire (dans le cas de la France notamment), puis en dernier recours, les centrales fossiles.

Ainsi, s’il est question d’une centrale à gaz (ou autre d’origine fossile), le prix de gros de l’électricité sur le marché, peu importe sa source de production d’origine, sera indexé sur le gaz.

Et comme les matières premières comme le gaz sont très chères, vous comprenez donc pourquoi l’électricité atteint des records actuellement (surtout quand on sait que pour produire 1 MWh d’électricité, il faut 2 MWh de gaz !).

Le coût de polluer

Ce qui fait aussi augmenter les prix de l’énergie, dans une moindre mesure, ce sont les prix des quotas européens d’émission de CO2. Le prix de la tonne de CO2 a doublé sur la période fin 2020 – début octobre 2021.

Pour comprendre, les entreprises les plus polluantes doivent acheter des quotas d’émission de CO2 sur le marché. Les engagements climatiques de la part des Etats européens étant plus forts, le prix de ces quotas augmente.

Dans le cas de la production d’électricité, les centrales de production d’électricité d’origine fossile (gaz, fioul ou encore charbon) doivent aussi payer ce « droit de polluer », ce qui se répercute dans leur prix sur les marchés (le prix du CO2 est alors inclus dans le prix de l’énergie).

Cela peut sembler peu vertueux, mais à l’inverse, cela rend ce moyen de production moins compétitif par rapport à d’autres moins polluants (les renouvelables notamment). A terme, cela a donc pour objectif de favoriser les moyens de production non polluants, en pénalisant ceux qui le sont.

Les conditions climatiques

Ces dernières semaines, on a observé peu de vent en Europe, ce qui a contraint les éoliennes de la mer du Nord à se mettre à l’arrêt.

Ajoutons à cela les mines de charbon qui se retrouvent sous l’eau en Chine… et voilà quelques raisons de plus pour que les prix de l’énergie s’enflamment…

Quelles sont les conséquences ?

Les conséquences de cette envolée sont multiples.

Tout d’abord, elle touche les consommateurs particuliers. Cette crise de l’énergie concerne 36 millions d’Européens. Et bon nombre de ménages français, car la hausse des prix sur les marchés de l’énergie impacte directement les factures.

Pour cela, le gouvernement Français a annoncé une série de mesures à travers le bouclier énergétique.

  • Une aide exceptionnelle de 100€ versée aux bénéficiaires des chèques énergies en décembre ;
  • Une hausse des TRVE (Tarifs Réglementés de Vente de l’Electricité) limitée à 4% en février prochain, grâce à la baisse des taxes ;
  • Un gel des TRVG (Tarifs Réglementés de Vente du Gaz) à partir du 1er novembre jusqu’à la fin de l’année 2022. A noter qu’un rattrapage de ce gel devra s’effectuer par la suite (il faudra ainsi payer plus cher lorsque les prix baisseront).

Les professionnels, et notamment les entreprises qui consomment beaucoup d’énergie comme les industries, se trouvent aussi impactés par cette hausse.

D’ailleurs, c’est un peu le serpent qui se mord la queue : la reprise économique fait augmenter les prix de l’énergie, les charges des entreprises s’en trouvent alourdies, ce qui pourrait donc freiner la reprise…

Un impact sur les consommateurs, mais pas que !

Cette hausse impacte aussi les professionnels du secteur, spécifiquement les fournisseurs d’énergie.

Pour Planète OUI par exemple, même si nous nous approvisionnons et fournissons pour nos clients une énergie 100% renouvelable et 100% française, les contrats que nous signons avec nos producteurs partenaires, sont eux indexés sur les prix du marché de gros.

De plus, les TRVE ne suivent pas les prix du marché, car ils se basent sur une moyenne des prix constatés des 2 années passées.

Ainsi, bon nombre de fournisseurs achètent l’énergie très chère, et subissent un décalage entre les prix fixés par les TRV et ceux facturés à leurs clients. C’est pour cette raison que nous avons dû réviser nos conditions tarifaires (comme la plupart des fournisseurs) pour pérenniser notre engagement (et le vôtre !) pour la transition énergétique.

Mais surtout, cette crise énergétique impacte l’environnement !

Alors qu’il est urgent de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, l’augmentation de la demande mondiale en énergie entraine le recours aux centrales fossiles, extrêmement polluantes. Pour vous donner une idée…

Tableau des emissions

 

L’un des principaux objectifs de la COP26, qui se tiendra en novembre, est de limiter le réchauffement climatique à 1.5°C par rapport au niveau préindustriel. Il est donc essentiel de réfléchir aux solutions permettant de limiter le recours aux énergies fossiles.

Une première piste pour agir à notre niveau est de réduire notre consommation d’énergie, grâce aux gestes quotidiens et surtout pendant les pics de consommation.

Car n’oublions pas, l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas !

8 commentaires “Prix de l’énergie : pourquoi ça flambe ?

  1. bonjour , vos informations sont très intéressantes sur le global, même sur les mines en Chine dû aux inondations. les explications sur l’augmentation des prix me renseigne bien, chose que je n’imaginais pas. Merci pour tous vos commentaires que je lirai désormais tous les mois..

  2. Bonjour,
    Je ne comprends pas ce passage suivant :
    « Ainsi, s’il est question d’une centrale à gaz (ou autre d’origine fossile), le prix de gros de l’électricité sur le marché, peu importe sa source de production d’origine, sera indexé sur le gaz. »
    Pourquoi l’indexation ne se fait-elle pas au prorata des sources d’énergies déployées ?
    Pour notre cas, notre mensualisation gaz a subi une augmentation de 67% et je dois attendre la date anniversaire du contrat pour une réévaluation en fonction de ma consommation afin éventuellement de la faire baisser…

    1. Bonjour,

      La méthode peut être discutée, mais les marchés de l’énergie sont régulés au niveau européen. Ce principe de « dernière centrale appelée » permet une équité entre les différents producteurs et moyens de production. Ainsi un producteur d’énergie renouvelable est rémunéré de la même manière qu’un producteur d’énergie nucléaire ou fossile. Il permet aussi de faire converger l’ensemble des moyens de production vers un prix cohérent et d’assurer une rentabilité aux actifs peu appelés pour favoriser l’investissement par ailleurs.
      Comme vous le mentionnez, les conséquences actuelles sur les factures s’en font ressentir fortement. Nos conseillers sont là pour vous accompagner dans vos démarches.

      Bonne journée

  3. bonjour,
    Très intéréssantes vos explications , cela permet de mieux comprendre.
    Et oui l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas .
    Changer ses mauvaises habitudes de consommation c’est ce qui nous permettra de mieux vivre.
    Pour cela , il faut se remettre en question tous les jours.
    merci à toute l’équipe de Planète OUI.

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