Futurs énergétiques 2050 : que dit la dernière étude de RTE ?

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Energies renouvelables Marché de l'énergie

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français, RTE, a choisi la semaine de l’énergie durable pour publier son étude sur les « Futurs énergétiques 2050 ». Celle-ci présente plusieurs scénarios de consommation et de mix de production permettant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Pourquoi cette étude par RTE ?

Réseau Transport Electricité, appelé plus simplement RTE, est une entreprise de service public, qui gère le réseau de transport d’électricité haute tension (les « autoroutes » de l’électricité). RTE est le garant de l’équilibre entre l’offre et la demande en électricité à chaque instant sur le réseau, mais aussi de sa sûreté et de sa qualité.

Par ses missions, RTE est donc partie prenante sur les sujets liés aux perspectives de développement de l’énergie en France, afin de garantir la sécurité d’approvisionnement électrique de la France.

C’est sur fond d’urgence climatique et portée par les conclusions du dernier rapport du GIEC que l’étude prospective « Futurs Energétiques 2050 » propose une analyse et des hypothèses sur l’évolution de la consommation et sur les différents scénarios de systèmes électriques dans la lignée de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) visant à sortir des énergies fossiles en 2050.

Au total, ce sont 40 personnes qui ont été mobilisées pendant 2 ans par RTE pour mener à bien ces travaux, en concertation et collaboration avec de nombreux acteurs de l’énergie et de l’environnement.

Un travail de fond qui permet d’apporter une vision (parmi d’autres) à un horizon de 30 ans.

Le résultat : 600 pages tout de même ! (qu’on vous épargne grâce au résumé qui suit 😊)

En résumé

Bien que l’électricité ait une part importante dans la consommation des foyers, elle ne représente pourtant que 25% de la consommation totale d’énergie aujourd’hui en France. Les énergies fossiles : 63% !

Selon les projections de la SNBC, pour atteindre la neutralité carbone et se passer du pétrole et du gaz fossile, 2 leviers sont à activer :

  • L’efficacité énergétique : ce pilier clé de la transition énergétique permettrait de diminuer notre consommation d’énergie de 40% en 2050 grâce à la performance énergétique des équipements ménagers, à la rénovation thermique des bâtiments et des procédés industriels ;
  • L’électrification des usages : on parle ici du développement des véhicules électriques ainsi que de la bascule des industries et des systèmes de chauffage vers l’électricité.

Ainsi, l’électricité devra peser pour 55% dans la consommation totale d’énergie, et deviendra alors la principale énergie du pays. Cela a 2 conséquences, qui nécessiteront une restructuration du système électrique :

  • Produire plus d’électricité ;
  • Remplacer le parc nucléaire de seconde génération qui doit disparaitre en 2060.

Les 2 enjeux principaux sont donc la consommation et la production.

La consommation

En matière de consommation, RTE a établi 3 scénarios :

  • Le scénario de référence, qui établit une consommation en hausse de 35% (par rapport à aujourd’hui). A noter, la précédente étude RTE de 2017 estimait alors un niveau de consommation équivalent à celui actuel. Selon RTE, la publication en 2020 de la SNBC et les engagements climatiques des Etats européens pour 2050, qui favorisent l’électrification des usages, ainsi que les récentes politiques publiques favorables au développement de l’hydrogène ont changé la donne et font ainsi augmenter la consommation électrique.
  • Le scénario intégrant une dimension sobriété, en plus de la dimension efficacité énergétique mentionné plus haut. Il s’agit d’un scénario qui intègre le changement de nos modes de vies par l’instauration d’économies d’énergie plus drastiques dans l’habitat, les déplacements, l’industrie ou encore le secteur tertiaire.
  • Et enfin le scénario dit de « réindustrialisation profonde », plus énergivore puisque favorisant la reprise de l’industrie manufacturière. Néanmoins, il permet de créer des emplois et de réduire l’empreinte carbone de la France grâce à la relocalisation d’une partie de la production (les importations et les exportations seront ainsi décarbonées).
La production

RTE a établi 6 scénarios liés à la production et au mix électrique, pour répondre au scénario de référence sur la consommation.

On y trouve 2 familles :

  • Les M : sans nouveau nucléaire, ils font la part belle aux énergies renouvelables (EnR). On y trouve 1 scénario 100% EnR et 2 intégrant le nucléaire existant ;
  • Les N : ces 3 scénarios intègrent le nouveau nucléaire. La part du nucléaire diffère selon le rythme de construction des nouveaux réacteurs, mais on y trouve un socle minimal d’EnR à 50%.

Pour rappel, ces différents scénarios ont été construits pour assurer la sureté de l’approvisionnement et la neutralité carbone.

L’étude établit aussi les conséquences économiques de chacun des scénarios. Elle intègre plusieurs hypothèses en fonction de l’augmentation ou la baisse des coûts liés aux moyens de production et à leur part dans le mix.

Quel que soit le scénario, les réseaux électriques devront être redimensionnés. RTE estime un coût supplémentaire de 15% pour le système électrique.

RTE apporte également ses conclusions sur les paris technologiques que cela nécessite, notamment concernant les moyens de pilotage (stockage, batteries, interconnexions) et le développement de l’hydrogène.

Tout en tenant compte de l’impact environnemental

Les changements climatiques ont un impact sur les réflexions menées sur la transformation du système électrique. En effet, les épisodes de canicule ou les vagues de froid dérèglent les ressources en eau. La gestion des stocks hydrauliques doit alors être revue, car cela a des conséquences sur le débit des rivières et impacte la production hydraulique mais aussi nucléaire (qui a besoin d’eau pour refroidir ses centrales).

RTE rappelle que le développement des moyens de production doit aussi préserver les territoires et le cadre de vie.

 

Les enseignements tirés par RTE sont disponibles ici, ainsi que l’intégralité de l’étude.

Ce que l’on en retient chez Planète OUI

Les bonnes nouvelles !
Un mix électrique 100% renouvelable est possible !

L’étude rappelle et confirme la faisabilité technique et financière d’un scénario 100% renouvelable pour le système électrique.

Les EnR vont devenir majoritaires sur le réseau !

Pour décarboner le système énergétique français tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement, les énergies renouvelables devront couvrir au minimum 50 % de notre consommation d’électricité en 2050. La montée en puissance des EnR implique des développements technologiques et un coût plus élevé, mais reste néanmoins compétitif.

Les EnR sont incontournables pour atteindre la neutralité carbone et réussir la transition énergétique !

Leur développement, bien que devant se faire à un rythme soutenu, et leur compétitivité permettront de se substituer aux énergies fossiles, et par conséquent de réduire la dépendance de notre pays aux énergies fossiles et de protéger le pouvoir d’achat des Français.

Et les limites…

RTE a présenté dans cette étude une (sa) version de l’avenir électrique et des modèles énergétiques possibles, basée sur un cadrage spécifique, et dégageant leurs hypothèses et leurs points de vue.

On peut remettre ici en question les scénarios sur la consommation (trop haute ?), le poids de l’efficacité énergétique ou encore de la sobriété énergétique (trop faible ?). Ou encore la base de calcul du financement, potentiellement plutôt favorable au nucléaire…

Mais il ne faut pas s’en tenir à une seule vision. Ces travaux doivent être mis en perspective par d’autres études attendues sur le sujet, comme celle de l’ADEME et de Negawatt.

Nous vous proposerons également un éclairage sur ces différentes études à venir !

 

Atteindre la neutralité carbone en 2050 est possible si l’objectif est porté par tous : acteurs privés et publics, citoyens, collectivités, professionnels. Pour mieux développer et mieux gérer les EnR, mieux et moins consommer. Car il y a urgence à se mobiliser.

L’importance de la sobriété énergétique, du changement de paradigme sur notre façon de consommer, de vivre, est le premier levier sur lequel il faut agir. Plus ce levier sera renforcé, plus la transition vers un énergie 100% renouvelable sera possible et rapide.

Une chose est sure, chez Planète OUI, nous sommes prêts à relever le défi pour contribuer à l’émergence d’une énergie 100% renouvelable !
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